Accueil |
Bio |
Actualités |
Parcours |
Presse |
Territoires poétisés |
Extrait "Milosz" |
Extrait "Nostoc 15h58" |

Le chemin détrempé par la neige des dernières semaines étaient à peine praticable, les ronciers avaient leurs teintes grisâtres qu'ils garderaient pendant toute la saison hivernale, et Milosz faillit faire une belle glissade, cependant il retrouvait le bonheur de s'enfoncer dans le sol bourbeux. Ce n'était pas comme à Désert-Plaisance où le macadam à chaque pas vous renvoyait des secousses dans tout le corps.
Une épaisse semelle de terrre s'était formée sous ses chaussures et il pataugeait maintenant dans la boue, mais Milosz se ralliait à Saint-Alban comme d'autres se ralliaient à Dieu, aussi s'allongea-t-il entre deux rangs de vigne et ferma-t-il les yeux. Désormais il ne fallait plus penser, au contraire oublier tout ce qu'on avait dans la tête. Cela représentait l'un des exercices les plus difficiles parmi tous ceux que Milosz connaissait. En même temps, cétait l'un de ses préférés. Lorsqu'il lui sembla parvenir à une sorte de vide intérieur, il murmura le nom de Louise... Et attendit. Bientôt il eut la sensation de voguer dans les limbes les plus intimes de Saint-Alban, et il redevint Milosz de Saint-Alban, celui qui avait toujours cru au pouvoir magique de cette terre et de ce ciel et une idée insensée lui traversa l'esprit. Il s'y arrêta. Il savait ce qu'il devait faire.